Non-fiction
1ère de couverture de Comme je me veux
4 oct. 2024

Comme je me veux

Informations
Gloria se dédie à son fils de douze ans et à sa transition. Né dans le mauvais corps, ce dernier s’identifie comme garçon depuis son enfance. Au fil des pages, on discerne les dynamiques complexes qui animent le couple de parents, mus par des motivations ambivalentes qui, parfois, les dépassent. Gloria, consignée dans ses tourments, dévoile petit à petit son côté dérangé. Son époux, Jean-Michel, indéterminé quant à la position à avoir, perd peu à peu de sa neutralité, guidé par sa propre mère. Cette dernière redoute les regrets d’une transition rapide, et s’accroche encore à la petite-fille qu’elle voit en Camille. Elle les encourage, parfois avec maladresse, à rester sur une transition sociale, hors volet médical. Quant à Gloria, elle garde le cap. Heureusement pour le pré-adolescent, il peut compter sur la stabilité de son support. Engagé dans une voie prédessinée, il entame une transition qui rapproche, émeut, sépare et déchire ...
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La chronique de Kévin lenotre
"Comme je me veux" : Un miroir familial brisé par la quête d'identité
Introduction : Dans son roman Comme je me veux, Céline Khoury Farah nous plonge au cœur d'un sujet brûlant d'actualité : la transition de genre chez l'enfant. Mais loin d'un simple plaidoyer, l'autrice nous livre une exploration psychologique complexe sur l'amour maternel, ses déviances et les dynamiques de couple face à l'indicible. Le Récit : L'histoire est celle de Gloria, une mère totalement dévouée à son fils de douze ans. Persuadée depuis le berceau que son enfant est né dans le mauvais corps, elle orchestre sa transition avec une ferveur presque inquiétante. Autour d'elle, le cercle familial vacille : un mari, Jean-Michel, dont la passivité confine au renoncement, et une belle-mère qui tente désespérément de freiner un processus qu'elle juge précipité. Une Atmosphère sous Tension : Ce qui frappe dès les premières pages, c'est l'atmosphère pesante que l'autrice parvient à instaurer. Le lecteur est témoin d'un huis clos psychologique où chaque personnage semble enfermé dans ses certitudes ou ses silences. La plume de Céline Khoury Farah est d'une grande finesse ; elle parvient à rendre "beau" un récit qui, par moments, devient profondément dérangeant. Des Personnages qui Divisent : Le génie du livre réside dans le malaise qu'il suscite vis-à-vis de ses protagonistes. Gloria n'est pas qu'une mère courage ; elle est aussi une figure obsédante dont les motivations réelles finissent par interroger. Le contraste avec l'effacement du père crée une tension constante, poussant le lecteur à se demander : qui protège réellement l'enfant ? La fin, brutale et inattendue selon les premiers retours, laisse une empreinte durable et de nombreuses questions en suspens. Verdict : Comme je me veux est un livre nécessaire mais percutant. Il ne se contente pas de raconter une transition ; il dissèque la famille, le besoin de contrôle et les limites de l'accompagnement parental. Si le début peut paraître lent, l'intensité monte crescendo pour nous emmener vers un dénouement qui ne laisse personne indemne. Les + : Une écriture limpide et élégante. Une étude psychologique profonde sur la "mère protectrice". Un sujet fort traité sans complaisance. Les - : Une ambiance très lourde qui peut être difficile pour certains lecteurs. Des personnages volontairement antipathiques ou frustrants dans leur passivité. Note globale : 4/5 — Un roman psychologique puissant qui bouscule nos certitudes sur l'identité et le sacrifice parental.

⭐ Les notes en détail

Personnages

10/10

Atmosphère

10/10

Style d'écriture

10/10

Intrigue

10/10

Immersion

10/10

Cohérence

10/10

Plaisir

10/10

Note finale

5.00
Publié le 16 avril 2026

Évaluation de la chronique par l'auteur

✨ Excellent