Un univers futuriste remarquablement construit !
Dès les premières lignes, j’ai été happée par « La Geste de l’Eau » de Béatrice Forestier-Thériez, paru en 2025 aux éditions Ex Aequo. Ce roman d’anticipation aux accents policiers m’a entraînée dans un tourbillon aussi fascinant qu’oppressant, où chaque page semblait me tirer un peu plus au cœur d’une cité submergée. Impossible pour moi de résister à cette atmosphère dense et immersive, tant elle m’a enveloppée du début à la fin.
À Solis, ville futuriste d’un pays qui n’est pas nommé, chaque nuit apporte son lot de pluies torrentielles, d’abord purifiées puis rapidement souillées, transformant l’espace urbain en un théâtre hostile. À l’aube, la chaleur écrasante reprend ses droits. C’est dans ce décor extrême, régulé par des intelligences artificielles, la technologie et les classes sociales, que Matt, policier solitaire et expérimenté, poursuit son quotidien.
Lorsqu’une femme énigmatique vient signaler la disparition de son mari, une enquête débute, entraînant Matt et sa nouvelle coéquipière Imelda dans les profondeurs troubles de la ville… et de leurs propres failles.
Immédiatement, j’ai été captivée par cet univers futuriste remarquablement construit. J’ai ressenti une véritable immersion, presque physique, dans cette alternance brutale entre déluge nocturne et fournaise diurne. L’autrice réussit à rendre cet environnement crédible et vivant, tout en y insufflant une dimension écologique qui résonne avec force. Sans jamais être moralisatrice, elle rappelle subtilement à quel point l’eau, ressource essentielle, peut devenir un enjeu vital et dangereux lorsqu’elle est malmenée.
Les émotions m’ont accompagnée tout au long de ma lecture. Il y a une tension constante. J’ai ressenti l’isolement de Matt, ses luttes intérieures, et cette impression de dérive lente, comme s’il était lui-même emporté par les courants de Solis. Cette dimension introspective apporte une vraie profondeur au récit.
Les personnages sont d’ailleurs l’une des grandes forces du roman. Matt, avec ses aspérités et son humanité fragile, m’a particulièrement touchée. Il n’est pas un héros lisse, mais un être complexe, parfois perdu, ce qui le rend profondément crédible. Imelda, de son côté, apporte un contrepoint intéressant, insufflant une dynamique nouvelle sans jamais écraser son partenaire. Quant à la mystérieuse femme à l’origine de l’enquête, elle intrigue autant qu’elle fascine, ajoutant une couche supplémentaire de mystère.
L’intrigue policière est, elle aussi, très bien maîtrisée. Je me suis laissée guider sans jamais deviner totalement où l’autrice souhaitait m’emmener. L’enquête progresse avec justesse, révélant peu à peu les zones d’ombre de la cité, tout en maintenant un suspense efficace. J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’enquête extérieure fait écho à l’évolution intérieure de Matt.
Enfin, la plume de Béatrice Forestier-Thériez m’a séduite par sa fluidité et son efficacité. Elle s’adapte parfaitement au genre, oscillant entre descriptions immersives et rythme soutenu. Les images sont marquantes, parfois presque cinématographiques, et servent toujours l’atmosphère sans alourdir le récit.
Avec « La Geste de l’Eau », j’ai vécu une lecture intense, immersive et profondément marquante. Entre enquête captivante, univers futuriste abouti et réflexion écologique pertinente, ce roman a su me séduire sur tous les plans. Si tu aimes les récits qui mêlent tension, profondeur et décors saisissants, alors laisse-toi emporter par les flots de Solis… tu risques bien de ne plus vouloir en sortir !
Je tiens à remercier la maison d'édition Ex Aequo pour ce service de presse dans le cadre de notre partenariat !
Publié le 4 juin 2026