Mystère & Crime & Thriller & Suspense
1ère de couverture de La main au feu
28 mars 2026

La main au feu

Informations
François Dakowski, alias Mario Poletti, est flic. Infiltré dans les stups. Sous-couverture. Boxeur à ses heures… et de plus en plus étranger à lui-même. Avant Marseille, il y a eu Lille. Une opération sensible pour faire tomber des trafiquants américains, militaires au Shape (OTAN) en Belgique. Une immersion où les frontières du crime se brouillent. L’expérience laisse des traces. Il en est revenu marqué. Une relation brisée. Des certitudes fissurées. À Marseille, au cœur d’un trafic international, il s’approche très près du feu. Dealers, arrangements officieux, coups tordus. Trop près de ce que l’on ne regarde jamais en face. Les loyautés se délitent. Les masques tombent. Les corps aussi. "La main au feu" explore les zones grises du pouvoir, de la police et de la conscience. Jusqu’où peut-on aller sans perdre son âme ? Et que peut encore un homme lorsqu’il ne sait plus qui il est ?
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La chronique de Magali Maréchal
Une immersion saisissante dans la pègre lilloise
En pénétrant dans ce roman, on s'immerge complètement dans la pègre lilloise en compagnie de Mario Poletti, un Donnie Brasco à la française, pour qui la ligne jaune est claire mais pas toujours facile à respecter. Plus qu'à une simple enquête policière, l'auteur nous convie à une réelle réflexion sur la réalité de ces hommes qui prennent tous les risques, y compris celui de se perdre eux-mêmes, pour assurer la sécurité du plus grand nombre. D'après la note en début d'ouvrage, l'intrigue s'appuie sur des faits et personnages réels, adaptés et anonymisés pour la cause mais donc bien évidemment très réalistes. En sus de la complexité liée à cette double identité, le personnage principal doit évoluer dans un système qui se nourrit lui-même, avec toutes les conséquences financières et politiques qu'on imagine. Quand la police se sert sur les saisies pour s'approvisionner elle-même afin d'avoir quelque chose à proposer lors d'un prochain coup de filet, tout cela avec l'approbation silencieuse de plusieurs ministères, la morale est en berne. Quand les humains maltraités par le système, comme les prostituées forcées ou les travailleurs clandestins, tous ces esclaves modernes créés et protégés par le narcotrafic, ne sont considérés que comme des dégâts collatéraux dont police et politique se lavent les mains, c'est aussi la morale qu'on piétine. L'auteur transmet bien toute cette difficulté à rester humain dans un tel contexte, à garder la ligne, à continuer d'avoir des valeurs et de vouloir s'y accrocher. Ce que vit le personnage de Mario est complexe et Daniel Saint-Lary n'épargne pas le lecteur qui doit faire face aux contradictions d'un système qu'il est quand même bien heureux qu'il soit mis en place, lui permettant de poursuivre sa lecture, confortablement installé dans son canapé. Le personnage de Mario, sur lequel repose l'entièreté du roman, est vraiment intéressant. Cultivé, au parler brut, boxeur à ses heures, c'est un personnage à la psyché complexe et très bien construite. La plume de l'auteur est de qualité et agréable à lire ; les références littéraires et cinématographiques sont nombreuses et le contexte géographique, entre Lille et Mons avec une incursion sur Marseille, est très bien rendu. Ce roman étant un préquel d'un autre, je ne vais pas passer l'occasion de découvrir ce qu'est devenu François/Mario quelques années plus tard.

⭐ Les notes en détail

Personnages

9/10

Le personnage de François/Mario est vraiment très intéressant. On sent toute la difficulté de jouer avec son identité profonde et de ne plus avoir d'élément stable auquel se raccrocher. Ce n'est pas un personnage lisse, il y a des rugosités chez cet homme là. L'auteur est parvenu à bien en faire prendre conscience le lecteur sans les pointer. C'est le récit qui amène les conclusions

Atmosphère

10/10

L'atmosphère est vraiment bien décrite, le glauque est palpable à chaque page tout en restant hyper réaliste.

Style d'écriture

9/10

Le roman est très bien écrit. Le vocabulaire est recherché, il n'y a pas de répétition malaisante. L'introduction de références littéraires ou cinématographiques dans le récit ajoutait une touche particulière à l'ensemble. C'était une très bonne idée.

Intrigue

10/10

L'intrigue est hyper réaliste. On sent qu'il n'y a pas de volonté de choquer. J'ai pris la brutalité de certaines scènes comme une illustration parfaite et crédible de la brutalité du milieu dans lequel se déroule l'intrigue. J'ai été très intéressée par le parcours du personnage principal.

Immersion

10/10

Si je pouvais mettre 11, je mettrais 11. Ce roman est hyper immersif. L'auteur joue avec les sens du lecteur. On ne voit pas seulement, on sent, on touche... Quand je disais plus haut que le glauque est palpable, c'est vraiment cela, c'est palpable.

Cohérence

9/10

Tout se tient de bout en bout. J'ai un peu regretté le passage trop rapide sur Marseille qui fait un peu l'effet "Superman" pour Mario qui règle tout en deux coups de cuillère à pot dans une ville où il n'avait a priori pas de réseau. Mais c'est un détail

Plaisir

10/10

J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à cette lecture. Je pense qu'il va rester dans le Top 10 de mes polars 2026

Note finale

5.00
Publié le 18 mai 2026

Évaluation de la chronique par l'auteur

✨ Excellent