Thriller & Suspense
1ère de couverture de Quelque part
17 juil. 2025

Quelque part

Informations
Juin 1998. Girnois, une ville sans histoires. À quelques jours du bac, Louise Herbel, dix-huit ans, disparaît. Personne ne parle, le dossier est enterré. 2021. Jessica Vimard, la dernière à avoir vu Louise, est devenue youtubeuse spécialisée dans les cold cases. Suite à d’étranges messages anonymes, elle se replonge dans l’affaire. Certaines vérités dorment. Il ne faut pas les réveiller. De Lozère jusqu’en Argentine, Quelque part nous embarque dans une enquête aux multiples rebondissements, où conflits familiaux et dérives sectaires s’entremêlent.
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La chronique de Vanessa Peschard
Entre enquête et dérives collectives
Avec Quelque part, Eliza June Parr signe un roman sombre et maîtrisé qui explore les ravages du silence collectif et les dérives des communautés fermées. Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans une disparition troublante : en juin 1998, Louise Herbel s’évapore à Girnois, une petite ville sans histoires. L’enquête est rapidement étouffée, laissant derrière elle des non-dits et une vérité enfouie. Vingt-trois ans plus tard, l’affaire ressurgit à travers Jessica Vimard devenue youtubeuse spécialisée dans les cold cases. Ce choix narratif moderne apporte une dimension crédible et actuelle au récit tout en servant de moteur à une enquête haletante. La double temporalité fonctionne parfaitement, alternant passé et présent pour distiller les révélations et maintenir une tension constante. L’un des grands points forts du roman réside dans la construction de son atmosphère. Les lieux, qu’ils soient familiers ou lointains, dégagent un sentiment d’oppression et d’isolement qui reflète le poids des secrets. La communauté des Orthéens, au cœur de l’intrigue, est décrite avec une justesse glaçante. Sans tomber dans l’excès, l’autrice met en lumière les mécanismes d’emprise, de manipulation et de protection du groupe, rendant l’ensemble particulièrement crédible. Les personnages sont profondément humains. Jessica, tiraillée entre culpabilité et quête de vérité, évolue au fil de l’enquête et gagne en épaisseur. Louise, bien qu’absente, hante chaque page et devient le symbole d’un passé que personne n’a su (ou voulu) affronter. Les figures secondaires, notamment familiales, participent pleinement à la cohérence du récit, incarnant les silences et les compromissions ordinaires. Le style d’Eliza June Parr est sobre, précis et efficace. L’écriture laisse une large place aux non-dits, aux tensions latentes et à l’émotion contenue. Cette retenue renforce l’impact du récit et capte durablement l’attention du lecteur, sans artifices inutiles. Quelque part est un roman prenant, à la croisée du thriller psychologique et du roman social. Il interroge la responsabilité collective, le danger des vérités étouffées et le prix à payer lorsque l’on décide de les réveiller. Une lecture marquante, immersive et dérangeante, qui laisse une empreinte durable.

⭐ Les notes en détail

Personnages

8/10

Quelque part s’articule autour de personnages marqués par le silence et le non-dit. Jessica Vimard, enquêtrice malgré elle, incarne la quête de vérité face à un passé étouffé. Louise Herbel, absente mais centrale, cristallise les secrets d’une ville. La communauté des Orthéens agit comme une entité oppressante révélant comment le collectif peut étouffer l’individu pour se protéger.

Atmosphère

9/10

L’atmosphère de Quelque part repose sur une tension sourde et constante. Les lieux (petite ville enclavée, espaces isolés, communauté fermée) renforcent le sentiment d’oppression et de secret. L’environnement devient un acteur du récit traduisant le poids du silence et la menace latente. Cette ambiance sombre et étouffante nourrit le suspense et accentue la dimension inquiétante de l’enquête.

Style d'écriture

9/10

Le style d’Eliza June Parr est précis et immersif mêlant sobriété et tension. L’écriture, fluide et maîtrisée, installe une progression lente mais efficace laissant place aux silences et aux non-dits. La qualité de la langue renforce la crédibilité du récit et maintient une tension constante captant le lecteur par une atmosphère pesante et une narration maîtrisée.

Intrigue

8/10

L’intrigue de Quelque part se construit sur une disparition ancienne ravivée par une enquête contemporaine. La progression alterne révélations, retours en arrière et fausses pistes maintenant un suspense constant. Chaque événement fait avancer l’histoire en dévoilant les mécanismes du silence collectif et l’emprise d’une communauté, jusqu’à une montée en tension aux conséquences irréversibles.

Immersion

9/10

Quelque part plonge le lecteur dans un univers oppressant et crédible grâce à une narration immersive et des personnages profondément ancrés dans leur environnement. L’identification progressive à l’enquête et aux dilemmes des protagonistes crée une tension émotionnelle constante. Le lecteur se retrouve happé par l’histoire, avançant au rythme des révélations et des silences.

Cohérence

8/10

La cohérence de Quelque part repose sur une construction rigoureuse des événements et des relations entre les personnages. Les actions, les silences et les choix s’enchaînent de manière logique renforçant la crédibilité de l’intrigue. Les liens entre personnages servent le récit et donnent du sens aux révélations, sans incohérences ni artifices narratifs.

Plaisir

8/10

Quelque part provoque une forte implication émotionnelle en mêlant suspense, malaise et empathie. Le lecteur ressent le poids des silences, l’angoisse de l’enquête et la douleur des personnages. La tension psychologique et la justesse des émotions rendent la lecture prenante et marquante, laissant une impression durable bien après la dernière page.

Note finale

4.00
Publié le 6 janvier 2026

Évaluation de la chronique par l'auteur

✨ Excellent