Un univers passionnant
Je vous parle aujourd’hui d’un nouveau livre qui m’a replongé dans un univers que j’apprécie. The Death Crow nous propulse dans un univers rugueux et en apparence cru : celui d’un club de motards, là où les règles ne s’écrivent pas avec des mots mais avec le bruit des moteurs et les cicatrices du passé.
Nous allons donc suivre l’histoire de Gaëlle, qui est une femme qui n’a rien demandé à personne. Elle arrive dans une ville qu’elle ne connaît pas, pour un job qu’elle n’a pas vraiment choisi, et se retrouve rapidement dépassée par un quotidien fait de moteurs, d’huile, de sueur et… d’hommes qui parlent plus fort qu’ils ne réfléchissent. Là où beaucoup auraient fui, Gaëlle reste. Parce qu’au cœur de ce chaos naît une rencontre qui pourrait tout faire exploser. On est loin d’une romance douce-amère ou d’un drame social classique. Ce roman est une collision entre un monde marginal (celui des bikers) et une héroïne qui, malgré ses blessures, refuse d’être réduite à une victime. Comme je vous l’avais dit précédemment, c’est un univers qui me plaît et j’en attendais beaucoup dans cette lecture, on a les clichés de cet univers mais cela n’est absolument pas dérangeant. Je vous parle à présent des personnages.
Appoline Lecourt ne nous donne pas une galerie de zéros et d’héros. Au contraire, chacun vit et respire à travers ses contradictions. Nous avons d’abord Gaëlle, notre narratrice et cœur battant de l’histoire. C’est une femme forte mais fracturée : en effet, elle est loin d’être parfaite, elle ne monte pas de plan pour ses objectifs et cherche juste à retrouver un sentiment de liberté et respirer de nouveau. Nous avons ensuite Glitter, qui est un motard au grand cœur mais au cerveau souvent … distrait. Glitter est l’un des premiers visages que Gaëlle rencontre et c’est dans ce contraste que l’on commence à mesurer la dimension humaine de l’univers. Enfin, je vous parle de Kill et Gigi : ce sont deux camarades de garage aux blagues incessantes et à l’énergie brute qui vont représenter des repères assez inhabituels dans cet univers qui peut parfois être étouffant et montrent à quel point cela peut être humain. Ce qu’on ressent avec ces personnages, ce n’est pas une fascination polie, mais une sorte d’attachement rugueux, comme on en aurait pour une bande de potes imparfaits mais toujours vrais avec qui nous passions toutes les plus grandes étapes de notre vie.
La plume d’Appoline Lecourt : brute et lumineuse. Sa plume ne fait pas de détour; elle vous prend à la gorge dès les premiers chapitres et ne lâche jamais vraiment votre attention. Les descriptions ne sont pas seulement visuelles : elles sont sensorielles. On sent l’odeur du cambouis, on entend le grondement des moteurs, on ressent la tension dans l’air chaud d’un garage où chaque regard peut être un défi. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la manière dont elle mêle dureté et poésie sans perdre le lecteur : quand Gaëlle peste contre une vis récalcitrante, on ne lit pas seulement une scène mécanique mais on voit également la métaphore cachée derrière (la difficulté de se faire une place dans ce monde assez particulier). Ainsi, c’est un univers qui vous entraîne de façon brute (et parfois amusante) : en effet, j’ai pu lâcher un petit rire à certains passages mais en dehors de cela, vous allez vous aussi expérimenter une large palette d’émotions. Le lecteur est totalement immergé dans cet univers qui malgré sa dureté, peut révéler certaines brèches qui nous poussent à les apprécier d’autant plus.
Pour moi, c’est une lecture qui vous marque non pas avec des explosions spectaculaires (même si l’univers des bikers pourrait s’y prêter), mais avec des moments d’émotion et de vérité qui restent en tête bien après la dernière page. Ainsi, si je dois résumer, c’est un roman qui surprend par sa part de réalisme et la façon naturelle dont elle traite les personnages. L’immersion se fait instantanément et vous serez incapable de lâcher ce livre avant la fin.
Publié le 15 février 2026