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chroniques
Soléa est juste. Pas une caricature. Une vraie héroïne autiste, rugueuse et lucide. Verity est une sœur de code, pas un gadget. Emrys fait peur parce qu'il est vide, pas parce qu'il est "dark". C'est rare.
Béton brut, forêt humide, fil blanc. On respire sous l'eau tout le long. C'est oppressant et cocon à la fois. En tant qu'illustratrice, j'ai vu chaque scène.
Poétique et sensorielle. On sent le froid du béton, l'odeur de la mousse, le fil qui vibre dans la nuque. Ça gratte, ça pique, ça ne s'oublie pas.
Lent au début, comme un souffle retenu. Et puis ça serre, ça oppresse. On ne lit plus, on surveille avec eux.
Je n'ai pas lu Capris. Je l'ai respiré. Je l'ai lu avec mes écouteurs vissés, comme Soléa, parce que d'un coup le monde était trop fort autour de moi aussi. J'entendais le grésillement des néons, le cliquetis des fourchettes à table qui fait mal aux dents, le silence lourd dans la maison de Corinne.
Tout se tient. Le fil blanc du début devient ce qui la sauve à la fin. Le bunker de béton d'Emrys, ce n'est pas un décor, c'est sa peur du monde. Verity ne fait pas tout, elle apprend juste à dire "je suis là". Rien n'est posé pour faire joli. Tout est à sa place. Et quand on referme, on se dit : oui, ça ne pouvait pas être autrement.
Un plaisir qui fait mal. Ce n'est pas un livre qui se dévore en rigolant avec un thé. C'est un livre qui te serre le ventre, qui te fait rester éveillée tard, qui te fait relire une phrase juste parce qu'elle est belle et qu'elle pique à la fois. J'ai eu mal, j'ai eu chaud au cœur, j'ai eu envie de secouer Emrys et de prendre Soléa dans mes bras. C'est un plaisir qui reste. Un de ceux qui te laisse avec le fil blanc encore dans les oreilles le lendemain matin.
Note finale