Féministe & Contemporain
1ère de couverture de L'île des femmes
10 janv. 2026

L'île des femmes

Informations
Aucune chaîne ne me retient sur cette île. Pourtant, chacune de ces femmes devient un maillon invisible qui m’entrave. Leurs histoires s’enroulent autour de moi, un peu plus chaque jour. Nul besoin de fers pour se sentir captive. De leur mémoire, je deviens la dépositaire. Une prisonnière consentante. La seule différence entre elles et moi ? Elles sont condamnées au silence. Moi, je leur tends la main. Je leur offre l’immortalité au-delà de leur dernier souffle. En transcrivant leurs vies, je leur rends la voix — une voix enfin audible, lisible. Une voix qui les libère. Dans ce roman choral, Mona Azzam nous emmène en Sicile, à la rencontre de femmes dont l’existence a été façonnée par la Cosa Nostra. Leurs récits résonnent encore, telles des îles en détresse qui ne demandent qu’à reprendre corps… et devenir cri. Et écrit.
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La chronique de Vanessa BRILOT
Un roman court mais intense
Comment ne pas avoir envie de parler a tout le monde de ce livre? Comment ne pas vouloir mettre en lumière un récit qui parle justement de ce que l’on tait trop souvent : les voix étouffées, les silences imposés, les femmes qu’on enferme pour mieux les faire disparaître. Dans L’île des femmes, Mona Azzam rassemble ces voix et leur redonne un espace. Un roman court, parfois dur, mais d’une justesse bouleversante. Un texte qui oblige à ralentir, à écouter, à regarder autrement. Un texte qui rappelle que la parole féminine est un acte de résistance. Pour moi c'est une lecture qui résonne: parce qu’elle parle de sororité, de mémoire, de dignité, et de toutes ces femmes dont l’histoire mérite d’être entendue. L’île des femmes de Mona Azzam; Un livre qui ne se lit pas seulement: il se reçoit.

⭐ Les notes en détail

Personnages

9/10

Les femmes de ce roman existent avec une force silencieuse. Elles ne sont pas idéalisées: elles sont blessées, dignes, complexes. Chacune porte en elle une histoire qui résonne de vérité. Leur diversité émotionnelle crée un chœur puissant, et la narratrice devient un pont entre leurs voix et le lecteur.

Atmosphère

9/10

L’île sicilienne est à la fois décor, prison et métaphore. L'ambiance installée est forte, presque suspendue, où le silence pèse autant que les mots. L’atmosphère est méditerranéenne, lumineuse par moments, mais traversée d’ombres qui rappellent la violence est très bien maitrisée.

Style d'écriture

9/10

Poétique sans excès. Le texte est d'un équilibre rare: une écriture sensible, fluide, qui laisse respirer. Les images sont fortes. Le style sert le propos, et non l’inverse.

Intrigue

8/10

Le roman n’est pas centré sur une intrigue classique, mais sur la révélation progressive des voix féminines. Le fil repose sur la transmission, la mémoire et la libération. Ce choix fonctionne très bien, même si certains moments auraient peut-être mérités un développement plus long.

Immersion

9/10

On entre dans ce livre comme on entre dans un lieu sacré : doucement, mais avec l’impression d’être témoin de quelque chose d’essentiel. L’immersion est totale grâce à la force des voix et à la cohérence de l’univers.

Cohérence

9/10

Le roman est court, mais parfaitement maîtrisé. Les thèmes qui sont silence, oppression, sororité et transmission s’entrelacent avec une grande cohérence. Rien n’est gratuit, rien n’est laissé au hasard.

Plaisir

9/10

Une lecture parfois dure, mais profondément belle. Le plaisir vient de la justesse, de la sensibilité, de la puissance des voix féminines. C’est un livre qui marque, qui fait réfléchir, qui reste.

Note finale

4.50
Publié le 8 mars 2026