Romance
1ère de couverture de La Fenêtre
7 avr. 2026

La Fenêtre

Informations
Derrière une fenêtre, un enfant observe. Un monde interdit, fascinant… dangereux. Ce qu’il découvre l’attire, le transforme, jusqu’à brouiller les frontières entre lui et cet autre qu’il devient peu à peu. Jusqu’où peut-on aller sans se perdre ? Un roman troublant sur l’identité, l’emprise et les dérives de l’esprit.
Toutes les chroniques
/
La chronique de Zina Tahenni
Chronique - La fenêtre
Il y a des livres qu’on lit… et d’autres qu’on traverse. La Fenêtre de Micky Tintounello fait clairement partie de la seconde catégorie. Dès les premières pages, j’ai ressenti une forme de trouble diffus, difficile à nommer. Rien de spectaculaire, au contraire : tout est subtil, presque silencieux. Et pourtant, quelque chose s’installe. Une tension douce, persistante. Cette sensation que quelque chose n’est pas tout à fait à sa place — et qu’on va quand même continuer à regarder. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est cette manière qu’a le roman de capter l’attirance pour l’interdit. L’enfant au cœur du récit ne cherche pas à braver, ni même à comprendre totalement : il est attiré. Irrésistiblement. Et je me suis surpris à ressentir cette même curiosité, presque coupable, en tant que lecteur. Comme si moi aussi, je me penchais à cette fenêtre. La grande force du livre, pour moi, réside dans cette glissade progressive. Rien ne bascule brutalement. On avance à petits pas, presque sans s’en rendre compte… jusqu’au moment où l’on réalise que quelque chose a changé. Que l’identité du personnage s’est déplacée, fissurée. Et c’est là que le roman devient vraiment fascinant : dans cette zone floue où l’on ne sait plus exactement qui regarde, ni qui est regardé. J’ai aussi été touché par l’écriture, très sensorielle, presque enveloppante. Il y a des passages où j’avais l’impression d’être suspendu, comme hors du temps. Tintounello ne cherche jamais à en faire trop, et c’est justement ce qui rend l’ensemble si puissant. Tout passe par l’atmosphère, par les sensations, par les non-dits. Et puis il y a ce thème de l’emprise, traité avec beaucoup de finesse. Rien de démonstratif, rien d’appuyé — mais une présence constante, presque insidieuse. On sent que quelque chose agit, influence, transforme… sans qu’on puisse toujours le nommer clairement. Et ça, je trouve ça particulièrement réussi. En refermant La Fenêtre, je n’avais pas l’impression d’avoir compris “tout” — mais ce n’était pas le but. Ce que je retiens surtout, c’est une expérience de lecture très immersive, presque troublante, qui laisse une empreinte durable. C’est un livre qui ne cherche pas à rassurer, mais qui capte quelque chose de très juste sur nos zones d’ombre, nos attirances inexplicables. Et rien que pour ça, il mérite vraiment d’être découvert.

⭐ Les notes en détail

Personnages

10/10

Atmosphère

10/10

Style d'écriture

10/10

Intrigue

10/10

Immersion

10/10

Cohérence

10/10

Plaisir

10/10

Note finale

5.00
Publié le 4 avril 2026