Humour & Romance
1ère de couverture de La résilience du cochon d'Inde
24 avr. 2026

La résilience du cochon d'Inde

Informations
Comment passer d'urbaine convaincue à campagnarde épanouie ? C'est simple, il suffit d'un cochon d'Inde légèrement snob, d'une vieille paysanne secrète et de beaucoup d'humour... Mia, fraîchement divorcée, s’accommode moyennement de sa nouvelle vie en milieu rural et des odeurs de lisier qui chatouillent le nez certains matins. La campagne peut être rude. Heureusement, il y a Paulette, cette vieille paysanne acerbe et vive dont Mia écrit les mémoires. Paulette va lui faire découvrir le nom des plantes, les beautés de la simplicité et les caresses de la bruine tandis que Mia tente de résoudre un secret de famille. Qui sait, il pourrait bien redonner du baume au cœur à sa vieille amie. Et puis, il y a Paul, le cochon d’inde. Paul se laisse vivre, bouffe du pourpier, défèque dès qu’il mange et surtout, surtout, ne se pose pas de questions inutiles. Et si Mia faisait comme lui ? Si elle se laissait porter par le vent ?
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La chronique de Carole Chassan
Une belle introspection
Où il est question d'une prête-plume fraîchement divorcée, d'une veuve bienveillante et d'une boule de poils motivante. Mia, la quarantaine, écrivaine biographe et mère de deux enfants, traverse une séparation sans éclat (pas de trahison, juste l'usure du couple et le vide qui suit). Pour faire bonne figure, elle achète un cochon d'Inde à ses enfants, qu'elle va finalement s'approprier. L'animal, baptisé Paul, refuse d'abord de se montrer, boude les pissenlits et ronge ses barreaux méthodiquement. Mia analyse, s'inquiète, et assimile le comportement de l'animal. En parallèle, elle rend régulièrement visite à Paulette, vieille dame bretonne dont elle rédige les mémoires, qui lui renvoie l'image de ce qu'elle refuse de regarder en face, avec la franchise d'une paysanne qui n'a plus rien à perdre après le décès de son mari et les multiples évolutions agricoles (remembrement, recrudescence de l'utilisation de pesticides et d'engrais,...) Mais le vrai fil rouge du roman, ce qui en est le noyau, c'est la fusion progressive entre les humeurs de Mia et celles de Paul. Quand il se terre sous sa plateforme, elle aussi se mure dans le silence. Quand il abandonne ses escapades nocturnes et refuse de sortir du tuyau, elle sait que quelque chose ne va pas, chez lui, et par ricochet, chez elle. Le mimétisme s'installe si naturellement qu'on ne sait plus très bien qui apprivoise l'autre. Et puis un jour, Paul dévale son toboggan en couinant d'enthousiasme. Mia, à son rythme, aussi. Elle va petit à petit grâce à lui réapprendre à se choisir et à vivre plus sereinement. C'est un feel good qui mérite son étiquette : la plume est vive, l'humour omniprésent, les personnages, Mia comme Paulette, attachants. Karine Degunst a eu l'excellente idée de confier le travail symbolique de réouverture au monde à un rongeur, ce qui est, à mon sens, une façon très élégante de parler de résilience sans prononcer le mot trop galvaudé une seule fois.

⭐ Les notes en détail

Personnages

10/10

Atmosphère

8/10

Style d'écriture

10/10

Intrigue

8/10

Immersion

8/10

Cohérence

9/10

Plaisir

10/10

Note finale

4.50
Publié le 27 juin 2026