Orbis Mundi, tome 2 : la magie n’est plus un jeu
Si Le hasard n’existe pas m’avait transportée, Immanence m’a profondément ébranlée. Là où le tome 1 émerveille, initie et fait rêver, le tome 2 vient creuser, assombrir et surtout faire ressentir. On n’est plus seulement dans la découverte des mondes et du destin : on est dans ses conséquences.
J’ai ressenti ce tome comme plus introspectif, plus émotionnellement chargé. Lucie n’est plus la jeune fille projetée malgré elle dans un univers fantastique ; elle est une héroïne marquée, fragilisée, parfois perdue. Son parcours m’a touchée différemment : moins d’émerveillement naïf, mais une douleur plus sourde, plus humaine. On la sent fatiguée, brisée par certains événements, et pourtant toujours debout. C’est cette vulnérabilité qui la rend encore plus attachante.
Wayan, quant à lui, prend une ampleur considérable. Dans ce tome, il n’est plus seulement un pilier ou un allié : il devient un personnage profondément complexe, déchiré entre devoir, amour et culpabilité. Son combat intérieur est presque aussi intense que la guerre qui gronde autour de lui. J’ai souvent eu le sentiment que les véritables batailles de Immanence ne se jouaient pas seulement sur les champs de bataille, mais dans le cœur des personnages.
La dimension musicale, déjà marquante dans le tome 1, m’a semblé ici encore plus pertinente émotionnellement. Les morceaux ne servent plus seulement à accompagner l’aventure, mais à souligner la gravité, la tension et parfois la tristesse des scènes. Les musiques deviennent une véritable voix silencieuse du récit, traduisant ce que les personnages taisent, amplifiant les émotions et laissant une empreinte durable bien après la dernière page. Certains passages prennent une résonance presque cinématographique, et j’ai eu plusieurs fois l’impression de vivre l’histoire plutôt que de la lire.
L’univers s’élargit, se densifie, mais surtout se durcit. Les enjeux sont plus lourds, les choix plus cruels, et les sacrifices bien réels. Immanence ne cherche pas à ménager son lecteur : il l’embarque dans une spirale où chaque décision a un prix. Et c’est précisément ce qui rend ce tome si marquant.
Publié le 10 janvier 2026