Elle malaxe, appuie, étire, elle ne la lâche pas une seconde. Elle s’affaire sur cette chair inerte, secoue, huile. Sous ses mains, la femme allongée découvre des souffrances inconnues, des inconsciences, des oublis. Elle se surprend et s’interroge. Comment a-t-elle ignoré ce bras abîmé ? Cette courbature du mollet ? Cette vertèbre déplacée ? Elle ressort de là flottante, cotonneuse, sans contours. Elle et sa masseuse, c’est une déjà vieille histoire. Alors que la femme se rhabille, la masseuse lui assène son constat : vous avez maigri, ça ne va pas. Oui, elle a maigri, c’est certain, maintenant que l’autre s’offusque, elle le voit bien. Elle n’y peut rien pour le moment, c’est le dosage qui est foireux. 175 c’est trop, elle le sent.